Les consommateurs sont-ils prêts à acheter des objets connectés ? Partie 4 : Craintes et défis

Si les consommateurs semblent avoir un avis globalement positif sur les objets connectés, il n’en reste pas moins que des inquiétudes subsistent, qui expliquent sans doute les intentions d’achats modestes.
Les enquêtes et sondages révèlent principalement les inquiétudes suivantes :
  • L’utilité des objets connectés n’est pas à la hauteur
  • La fiabilité technique non plus
  • Le coût des objets connectés est trop élevé
  • Par certains aspects (ondes, capteurs…) ils pourraient être dangereux pour la santé
  • Enfin et surtout, les consommateurs s’inquiètent de la protection des données personnelles

Les déficits d’utilité et de fiabilité technique

Ce sont les deux points soulevés par l’analyse du bureau d’étude Jackdaw (déjà cité dans le premier article de cette série) sur les faiblesses du marché des montres connectées. Selon ce cabinet, il y a deux raisons principales pour lesquelles le public ne s’intéresse pas aux montres connectées : “les fonctionnalités proposées ne sont pas assez utiles et les appareils ne relèvent pas tous les défis technologiques qu’ils suscitent. ” (source)
Plus précisément, Jackdaw souligne qu’en dehors des fonctionnalités de capteurs physiologiques, les montres connectées restent le plus souvent conçues comme des extensions des smartphones destinées à recevoir les notifications push de ces derniers et éventuellement à y répondre. Or, Jackdaw indique, chiffres à l’appui, que les utilisateurs de smartphone utilisent très peu les notifications et que cette seule fonctionnalité ne suffit pas à donner de l’intérêt aux montres connectées. Surtout quand les capacités de réponse aux notifications sont limitées (elles nécessitent souvent un système de commande vocal peu pratique).
Côté qualité des produits, Jackdaw souligne la faible autonomie des batteries et l’ergonomie délicate des produits étant donné la petite taille de l’écran.
D’autres enquêtes montrent également un problème de confiance des utilisateurs dans la fiabilité des mesures. C’est le cas de l’étude menée par l’IFOP pour l’Atelier BNP Paribas fin 2013 (pdf), selon laquelle le principal frein à l’achat des objets connectés repose sur le manque de conviction des consommateurs dans l’efficacité de la mesure (50% des sondés) !
On peut aussi relier l’impression de manque d’utilité à cette donnée de l’institut GfK selon laquelle les produits que l’on pourrait qualifier d’intelligents (smart) parce qu’ils sont capables d’analyser l’information qu’ils collectent restent rares : 0,3 % en 2013 selon GfK !!! Un chiffre qui devrait cependant franchir les 60 % en 2020. (source)
Le défi de l’utilité se retrouve également dans les chiffres de durée d’utilisation. Toujours selon GfK, “un tiers des utilisateurs d’objets connectés les abandonneraient dans les 6 mois”(je cite cet article, mais je n’ai pas retrouvé la source exacte de cette info sur le site de GfK pourtant cité par l’article).
On retrouve cependant exactement la même donnée dans l’étude Inside Wearables réalisée parEndeavour Partners en janvier puis juillet 2014 : “après six mois d’utilisation, un tiers des américains ont remisé leurs bracelets connectés dans un tiroir”.
Des chiffres que tempère l’enquête de Que Choisir ? puisque selon elle, 85% des utilisateurs disent utiliser leur objet toujours autant chaque jour (mais combien de temps après l’achat ont-ils été interrogés ?).

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